Qui suis-je…

De l’Enseignement à la Céramique, une vie de création

Jika

A la fois prénom et nom d’artiste, céramiste et sculpteur sur grès.

Né en 1966, je traverse d’abord des années d’errance, comme on marche longtemps avant de reconnaître un paysage. En 1975, je rejoins Nice, ville de mes origines familiales : une ligne de rivage, une mémoire ancienne, un retour sans certitude.

Après des études d’art et l’obtention d’un diplôme de troisième cycle, j’entre dans le monde de l’enseignement.
Mais la terre, déjà, travaille en sourdine.

Au début de 1998, je commence à la toucher, à l’éprouver, non comme un matériau docile, mais comme une présence.
La main apprend la résistance, l’humilité, le temps.

La formation se fait par strates. D’abord la poterie dans un atelier local, puis des stages de spécialisation dans des ateliers de la région de Montpellier.

Là, j’ explore l’alchimie des glaçures, l’enfumage et ses nuits, la sculpture dans la masse, face-à-face avec la densité, le raku, la cristallisation.

Tout ce qui, en céramique, impose une part de feu et d’inconnu.

En 2016, je rencontre Virginie Bessengez, céramiste d’Art, à Wambrechies (59).
Dans ce compagnonnage, la technique devient langage, et la transmission un prolongement naturel du geste. 
Partager, c’est clarifier, préciser une courbe, un protocole, une température et, derrière, une intention.

À partir de 2020, au sein de l’association de l’Atelier du Contraire, je poursuis ma création. Puis vient un déplacement décisif, en juillet 2024, je ferme l’atelier de Villeneuve-d’Ascq et choisis de concentrer mon travail en Ardèche, ma région de cœur, à Vals-les-Bains.
Là, l’atelier devient une chambre d’écho, un lieu où le paysage et le feu dialoguent, où les pièces se construisent à la vitesse de la matière.

Aujourd’hui, ma recherche se tient dans cet équilibre fragile : la maîtrise des techniques de modelage et de sculpture, la patience des effets cristallisants, et la précision d’un processus assumé, gestes répétés, essais, reprises, cuissons, surfaces.

Une pratique où l’on accepte que la terre garde sa part, que le résultat ne soit pas seulement un objet, mais une trace, la preuve qu’un corps, un jour, a tenu tête au monde en façonnant du silence.

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