Textes

L’automne de ma vie (22 mai 2026)

Je ne cherchais plus grand chose.

Le temps avait déjà posé sa main sur mes épaules, comme une pluie lente sur une terre fatiguée.

J’avais appris le silence, les départs sans bruit, les rêves que l’on range soigneusement dans un coin du cœur pour ne plus les abîmer.

Puis un jour, à l’automne de ma vie, l’amour est arrivé sans fracas.

Pas comme les incendies de jeunesse qui brûlent tout pour prouver qu’ils existent.

Non.

Il est venu comme une lumière basse au bord d’une fenêtre, comme un feu qui crépite doucement dans une maison enfin habitée.

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J’ai appris à regarder. Vraiment regarder…

Le matin qui tremble dans une tasse de café, le vent dans les arbres fatigués de novembre, le rire qui surgit pour rien, une main posée sur une autre, comme si le monde entier pouvait se tenir là.

Quand on a les yeux ouverts, le bonheur n’est plus un miracle lointain.

Il vit dans les choses simples, les promenades sans destination, les silences qui ne blessent plus, les repas qui durent parce qu’on aime entendre l’autre respirer, la fatigue du soir partagée sous la même couverture.

À cet âge, on sait le prix des présences sincères.

On ne demande plus l’éternité. Seulement quelqu’un avec qui regarder tomber la lumière, sans avoir besoin de parler.

Et parfois, dans cette douceur presque fragile, on comprend enfin que l’amour n’était peut-être pas fait pour nous sauver, mais pour nous apprendre à habiter pleinement chaque instant vivant.

Alors les jours cessent de courir. Ils deviennent des saisons lentes, pleines de gratitude, où même les feuilles mortes semblent encore capables de danser un peu dans le vent.

Jika22 mai 2026

À l’ombre d’une vie… (13 mai 2026)

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Une photo… (16 avril 2026)

Je tombe sur une image comme on trébuche sur le passé, un éclat de papier glacé qui transpire encore mon nom.

Dans ce rectangle figé, je suis debout sans savoir que le temps me regarde déjà partir.
Les couleurs ont pâli, mais pas les battements du cœur.

Je reconnais la lumière d’un été trop vaste, les rires suspendus et ce regard, le mien, qui croyait tout possible comme on marche vers l’horizon sans jamais l’atteindre.

Soudain les souvenirs affluent, débordent de ma mémoire… Une odeur de bitume après l’orage, des voix qui crient au loin, des promesses faites sans comprendre leur poids.

Chaque détail devient une porte, chaque ombre une confidence oubliée.
Je revois les gestes maladroits, les rêves trop grands et cette insouciance fragile qui ne se savait pas encore si précieuse.

Aujourd’hui, je regarde cet autre moi, comme on observe une étoile déjà morte mais dont la lumière nous atteint encore.
Cette photo du passé, à présent dans mes mains, ne serait elle pas la promesse couleur d’été d’un futur avenir…

Jika© 16 avril 2026

L’urgence de vivre (8 avril 2026)

L’urgence de vivre, ce n’est pas un cri, c’est une braise sous la peau.
Elle ne hurle pas, elle insiste, dans le battement trop court d’un cœur qui sait déjà qu’il ne sera jamais infini.

Vivre, ce n’est pas attendre que le monde s’ouvre, c’est entrouvrir la chair du temps avec des mains tremblantes et dire oui avant même de comprendre pourquoi.

Il y a dans chaque seconde une porte qui brûle de disparaître.
Une seule.
Et nous passons souvent à côté comme si demain pouvait toujours décider pour nous.
Mais demain est un mirage docile, un mensonge doux que l’on se raconte pour ne pas décider.
La vérité, elle, est plus nue, tout est déjà en train de s’effacer.

Alors il faut vivre comme on boit à la source en sachant qu’elle peut se tarir dans la seconde suivante.
Aimer sans économie.
Créer sans permission.
Dire sans détour.
Toucher sans attendre.
Choisir sans renoncer.
Faire de chaque geste une épreuve contre le néant.

L’urgence de vivre, ce n’est pas courir, c’est cesser de remettre à plus tard ce qui brûle déjà maintenant. C’est comprendre, enfin, que la vie n’est pas devant nous.
Elle est là, fragile, incandescente, entre deux respirations.

Jika© 8 avril 2026

L’ennui ( 31 mars 2026 )

L’ennui ne fait pas de bruit. Il s’installe insidieusement, comme une poussière discrète sur les heures inhabitées.
Il étire le temps, le rend glissant comme une argile oubliée attendant des mains pour exister.

Dans l’ennui, tout semble égal, les murs respirent à peine, les pensées tournent en rond comme des oiseaux ne sachant plus où se poser.

Mais sous sa surface immobile, quelque chose travaille. Un frémissement discret, une faille dans le silence, où germe une forme encore invisible.

Car l’ennui n’est pas vide, il est un seuil, un espace sans distraction où l’on se rencontre sans masque, où le désir apprend à dire son vrai nom.

Et si tu restes assez longtemps, sans fuir, sans remplir, tu verras, l’ennui se fissure et laisse passer une lumière discrète, celle qui précède la création.

Jika© 31 mars 2026

Vivre sans fuites… (27 mars 2026)

Depuis un bon moment, je suis rendu dans une zone plus nue, plus claire. Moins de bruit, moins de fuite.

Quelque chose en moi a cessé de courir.

Désormais, j’arrive à vivre sans demander la permission au passé. Sans m’excuser d’être habité, transformé.

Je peux marcher sans me retourner à chaque pas.

Une place en moi s’est faite. Une place qui n’attend plus d’être remplie, mais simplement habitée.

Je peux vivre des choses simples avec une intensité nouvelle, le contact d’une matière, la chaleur d’une présence, le silence plus vide mais fertile.

Ce que je veux maintenant, ce n’est pas une explosion, c’est une justesse, un accord avec ce qui m’appelle, une fidélité à ce qui refuse désormais d’être étouffé.

Je peux choisir sans me trahir. Créer sans me prouver. Aimer sans me perdre.
Et surtout, je peux accueillir ce qui vient, sans chercher à le retenir, ni à le fuir.
Car quelque chose en moi sait maintenant : je ne suis plus en train de devenir, je suis en train d’advenir.

Jika©27 mars 2026

Les portes (24 mars 2026)

Dans une vie, les portes ne sont jamais seulement des ouvertures.
Elles apparaissent sans prévenir, au milieu du chemin, comme des signes que quelque chose, en nous, est prêt à basculer.

Certaines sont entrouvertes, presque timides. Elles laissent filtrer une lumière fragile, un appel discret que seuls les cœurs attentifs savent entendre.
D’autres nous semblent fermées, presque scellées, pourtant, c’est souvent derrière elles que se cachent les lumières essentielles.

Il y a celles que l’on choisit,
et celles que l’on subit.
Celles que l’on franchit avec élan et celles devant lesquelles nos mains tremblent longtemps, comme si toucher la poignée nous forçait à changer de vie.

Mais chaque porte est un jalon.
Un point de bascule invisible où l’ancien monde cesse doucement et où un autre commence, sans bruit.

Parfois, l’on se trompe de seuil, on entre trop tôt, trop tard.
On referme derrière soi avec regret.

Pourtant, même ces erreurs tracent une histoire intime, elles dessinent le chemin que l’on ne voyait pas encore.

Car ces portes sont là, non pas pour nous piéger, mais pour nous orienter. Elles testent notre écoute, notre courage, notre capacité à reconnaître ce qui nous appelle vraiment.

A force d’avancer, on comprend que ce ne sont pas elles qui décident, mais la manière dont on les regarde.

Certaines n’étaient que des murs, jusqu’au jour où l’on ose y voir une issue. D’autres, qui semblaient refuges, n’étaient que détours.

Alors on apprend.
À sentir plutôt qu’à forcer.
À attendre plutôt qu’à fuir.
À ouvrir, non pas toutes les portes, mais les bonnes.

Celles qui résonnent, pas celles qui raisonnent,
celles qui contiennent, pas celles qui se contiennent,
celles qui, en s’ouvrant, nous ouvrent aussi.

jika©24 mars 2026

Rencontre avec soi-même (21 mars 2026)

Il existe un moment sans heure, où le regard se détourne, comme une rivière hésitant à poursuivre vers la mer.

Tu marches, au hasard, sans but, te perdant dans l’ailleurs, quand soudain, quelque chose te reconnaît.
Ce n’est pas vraiment un miroir, plutôt une présence ancienne, enfouie sous ta peau, qui murmure ton nom, sans jamais l’avoir appris.

Tu t’arrêtes.

Face à toi, ni visage ni contour, juste une proximité familière, une chaleur oubliée, comme la terre avant la forme.

Soudain tu comprends, tu ne t’es jamais perdu, tu t’étais seulement dispersé dans trop de regards, trop de rôles, trop de bruits.

Cette rencontre avec toi même, marque le signe d’une lente découverte.

Tes gestes te reviennent, tes silences aussi.
Même tes fractures trouvent leur place dans un destin plus vaste.

Et dans ce face-à-face d’intimité, tu cesses de te chercher, tu t’habites…
Enfin…

Je vis… (15 mars 2026)

Je vis une vie lente mais pleine de feu.
Une vie où les mains parlent avant les mots.

Dans l’atelier, la terre n’est jamais seulement de la terre. Elle est mémoire, origine, elle est le lieu où les histoires se rencontrent.

Je viens de deux paysages qui ne se ressemblent pas mais qui vivent ensemble dans mes gestes.

Il y a la roche, les rivières et les vignes d’Ardèche.
Il y a aussi le soleil ancien du monde latin, ses signes, ses fiertés, ses racines profondes.

Dans mes mains, ces deux terres ne s’opposent pas. Elles se mêlent.

Je façonne des formes qui portent une respiration, empreinte d’une identité refusant de mourir.

Le feu du four scelle ce pacte. La terre devient pierre et la mémoire, objet.

C’est cela, la vie que j’aime mener, vivre près de la matière, écouter ce que le monde murmure sous la poussière, transformer le grès en vivant.

Chaque pièce dit la même chose, calmement, obstinément – nous venons de la terre et nous avons le droit d’en être fiers.

Jika©15 mars 2026

La disparition (24 février 2026)

La disparition, c’est d’abord un bruit qui s’éteint. Un pas qui ne revient pas, une tasse qui refroidit sans qu’on y pense, un prénom qui reste en suspens telle une lampe allumée dans une pièce vide.

On cherche avec les yeux, puis avec les mains, puis avec cette partie de nous qui croit encore que tout se retrouve si l’on insiste assez.

Mais la disparition est une eau sombre : plus on la remue, plus elle se trouble.

Alors on apprend l’ombre. On apprend le contour des absences, leur place exacte dans le lit, la musique qu’elles laissent dans les murs quand la maison respire sans elles.

Parfois, disparaître, c’est devenir minuscule dans la mémoire des autres, un détail de rire, une odeur de pluie, un geste familier repris par personne.

Parfois, disparaître, c’est rester partout. Dans la poussière qui danse au soleil, dans le silence après une phrase, dans la bouche qui hésite avant de dire « tu ».

Nous, nous sommes ces gardiens maladroits de ce qui n’a plus de corps. Nous portons des silhouettes invisibles, nous parlons à des endroits, nous embrassons l’air là où quelqu’un était.

La disparition n’efface pas, elle déplace. Elle range le vivant dans un autre tiroir du monde, où le temps n’a plus d’aiguilles et où l’on se rencontre autrement.

Un jour, sans prévenir, une chanson ouvre une fenêtre. On respire.
Et dans la brèche, on comprend doucement : ce qui manque n’est pas seulement perdu, c’est devenu profondeur.

Jika Di Carlo© – 24 février 2026

Jean-Paul (17 février 2026)

Il est des êtres qui ne vieillissent jamais.
Ils restent suspendus dans la lumière d’un âge précis, comme une photo que le temps n’ose pas ternir.

tu es parti à quarante-cinq ans, un 2 mars 1992, depuis, le calendrier avance sans toi, mais mon cœur, lui, garde ta saison.

Je me souviens de ta manière d’être présent, sans occuper toute la place.
Je me souviens de la chaleur de ta voix, je me souviens de ton rire qui traversait les murs, les hivers, les silences.

Aujourd’hui encore, je l’entends , au détour d’une pensée et je comprends alors que l’amour ne meurt jamais avec le corps.

45 ans, un âge inachevé, une phrase suspendue, un livre refermé bien trop tôt, mais ce que tu as été continue de pousser en moi, comme une graine plantée sans bruit dans la terre de mes souvenirs.

Je n’ai pas seulement perdu un oncle, qui était plus qu’un père, j’ai perdu un repère, un éclat familier, une façon d’aimer le monde.

Pourtant, je te porte encore dans mes gestes, dans mes fidélités, dans cette tendresse que tu savais si bien prodiguer et que je garde intacte malgré les années.

Tu n’as pas vieilli, mon oncle, tu es resté au seuil de la force, figé dans ma mémoire vive, moi je grandis avec ton absence comme on apprend à marcher avec une lumière derrière soi.

L’amour immense que je te portais n’a pas disparu ce 2 mars. Il s’est transformé en veille silencieuse, en présence invisible, qui me rappelle que certaines âmes continuent d’aimer, même après avoir quitté la terre.
Jika© 17 février 2026

Mon art… (7 février 2026)

Mon art naît de la terre et lui parle à voix basse.
Il commence dans le grès , matière humble et magique, pétri comme une mémoire ancienne, baigné des  pierres ardéchoises et des soleils d’ailleurs.

Mes mains creusent, façonnent, retiennent.
Elles n’imposent pas la forme, elles l’écoutent venir.
Chaque pièce est un seuil, un lien sans frontières, entre futile et sacré.

Dans les  courbes, il y a des racines, des signes tus, des histoires qui ne demandent ni traduction ni explication.
Sous mes doigts, la terre devient langage, la cuisson une vérité.
Mon art ne cherche pas à séduire, il s’ancre, il résiste, il demeure.
Il dit la fierté d’être issu de plusieurs sols, la beauté d’être toujours debout, entre origines et imagination.
Ce que je façonne n’est pas seulement céramique.
C’est une présence.
Un fragment de monde rendu à la lenteur.
Jika©️ 7 février 20026

Le hasard des rencontres (3 février 2026)

deux trajectoires qui n’avaient aucune raison de se croiser, se reconnaissent pourtant, comme si elles s’attendaient depuis longtemps, comme la promesse de retour d’un rendez-vous manqué.

Une phrase échangée, un silence partagé, des sourires exquissés et soudain quelque chose en nous qui se réveille irréversiblement.

Ces rencontres dues au hasard ne promettent rien, c’est pour cela qu’elles offrent tout.

Elles ne viennent pas combler un manque, elles ouvrent un passage.

Un avant et un après, sans bruit, comme une porte laissée entrouverte sur le monde.

Jika©3 février 2026

L’amitié (3 février 2026)

L’amitié n’a pas besoin de promesses.
Elle se reconnaît au silence qui ne pèse pas, aux absences qui n’abîment rien.

C’est une présence permanente, une main tendue quelque part, même quand les routes s’écartent et que les saisons se succèdent parfois trop vite.

Elle sait nos failles, nos colères, nos fuites, nos recommencements et demeure, non par habitude, mais par évidence.

indéfectible, elle est telle une maison sans murs, on peut s’en éloigner, s’y perdre, elle tient toujours debout.

Elle est ce fil invisible qui ne blesse jamais, mais qui nous rappelle, toujours, que nous ne resterons plus jamais seuls.

©️3 février 2026

Vieillir (2 février 2026)

Vieillir, c’est apprendre à marcher plus lentement dans le temps qui passe, à laisser les saisons nous traverser sans lutter.

Vieillir, c’est aussi accepter que les rides deviennent des chemins, tracés par les joies, les absence, les silences.

Vieillir, c’est constater que le corps se fait plus fragile, mais que l’âme, elle, s’épaissit.

Vieillir, ce n’est pas s’éloigner de la vie, c’est enfin savoir où poser la lumière…

Jika©️2 février 2026

L’enfance ( 2 février 2026)

L’enfance,  pays sans cartes, où les heures s’étirent comme l’ombre d’un souvenir d’ été.

On y marche pieds nus sur des sols imaginaires, les poches pleines de cailloux véritables  trésors.

Dans l’enfance, tout est plus grand, les rires qui éclatent, les peurs qui effraient, les silences lourds de questions sans réponses.

Le monde ne se comprend pas encore, il se ressent.
L’enfance, c’est croire que demain est infini, que le ciel nous écoute, et qu’à chaque chute succède un nouveau départ .

L’enfance, c’est un âge où l’on fabrique sa vérité avec de la candeur, du jeu, et un cœur sans armure.

Puis vient un jour le temps qui referme sans qu’on s’en doute la porte…

Il reste alors en nous cette lumière, quelque part, qui insiste…
Cette lumière, c’est celle de l’enfance, indocile et intacte, cette lumière qui subsiste, comme le plus précieux des voyages…

Jika©️2 février 2026

Créer (26 janvier 2026)

c’est écouter la matière avant de la toucher.
La terre dort, lourde de silence,
elle respire encore les sols qu’elle a quittés,
l’argile garde en mémoire la pluie.

On l’approche sans brusquer,
comme on entrerait dans une confidence.
Les mains cherchent, hésitent,
se couvrent de terre et de doutes.
Chaque geste enlève autant qu’il révèle.

On ne fabrique pas une forme :
on la délivre.
Le temps ralentit.
L’ébauchoir devient un battement de cœur,
l’estèque une main courte et précise.

Parfois la matière résiste,
parfois elle cède soudain
et alors tout s’éclaire.

La sculpture naît entre la force et l’écoute,
entre ce que l’on veut dire
et ce que la matière accepte de dire avec nous.

À la fin, il reste une présence,
immobile mais vivante,
et sur les mains,
la preuve qu’un dialogue a eu lieu.
Jika©2026

L’Autre – 19 janvier 2026

L’autre est celui qui arrive
avec un pas que je ne connais pas.
Il porte une langue qui ne m’habite pas,
un silence qui ne parle pas aux miens.

Je l’observe de loin,
pensant qu’il est frontière,
pensant qu’il est menace,
pensant qu’il est mon manque.
Mais il est aussi une question ouverte.

Il me déplace.
Il trouble la silhouette figée de mes certitudes
comme l’eau trouble l’argile
avant de la rendre façonnable.

Dans ses gestes étrangers,
je reconnais mes propres angles morts.
Dans ses blessures,
je devine celles que je n’ai jamais su nommer.

L’autre n’est pas l’opposé.
Il est le miroir imparfait,
celui qui ne reflète pas fidèlement
mais me révèle.

Il me force à me tenir droit,
à choisir entre la peur et l’écoute,
entre le rejet et la transformation.

Et parfois, dans un regard partagé,
je comprends ceci : sans l’autre,
je resterais une forme inachevée,
une terre jamais passée au feu.
Jika©2026

haïku du jour de l’an (1er janvier 2026)

Sous l’an neuf qui naît
le feu parle à la terre —
un signe s’éveille.
Jika

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