Errances…

Les lumières de la nuit ne chassent pas l’ombre, elles lui apprennent à respirer.
Chaque éclat est une veille, un murmure suspendu, entre le silence et le rêve.
JIKA

La mer éclate en mille éclats, avide de toucher le ciel.
Un instant suspendu entre l’écume et le vent, où le tumulte devient lumière
et chaque goutte semble retenir
un fragment d’éternité.

Le silence de la nuit
La nuit a posé son manteau sur le monde, épais, profond, presque infini. Tout semble s’être retiré dans l’ombre, comme si le temps lui-même avait cessé de marcher.
Alors, au cœur du noir, une lumière veille.
Seule.
Elle ne chasse pas la nuit, elle dialogue avec elle.
Ses rayons traversent le silence telle une pensée discrète dans l’esprit d’un rêveur.Caressant l’obscurité, ils dessinent des chemins que personne n’emprunte.
Autour d’elle, rien ne parle.
Ni les arbres, ni le vent, ni les heures. Pourtant, tout ici raconte quelque chose… La paix des instants immobiles, la douceur des souvenirs sans bruit.
Dans cette nuit suspendue, le silence n’est pas un vide, il est une présence, une lente respiration contre les battements du monde.
Et la lumière, fragile étoile terrestre, continue d’éclairer l’obscurité, tel un cœur battant doucement au milieu du noir infini.

J’écris
comme on ouvre une fenêtre
pour laisser sortir les maux et respirer un peu mieux.
Les mots deviennent des passerelles entre aujourd’hui et hier.
Alors je retrouve Simone, ma mère, Jean-Paul, mon oncle mon modèle, Nanou, ma grand-mère.
Je les appelle en silence.
Ils répondent par des souvenirs.
Une table de Noël cernée de rires et de voix.
Un jeu de cartes qui n’en finit plus.
L’odeur du barbecue dans la douceur d’un soir d’été.
La mer.
Toujours la mer.
Les plongées d’été dans une eau bleue de liberté.
Et le Cap Béar.
Les oursins ouverts au couteau,le goût du sel, la lumière qui tombe lentement sur les rochers.
Nous étions là.
Simplement là.
Et c’était déjà le bonheur.
Les années ont passé.Les êtres aussi.
Mais rien n’a disparu.
Tout est rangé quelque part dans le cœur.
C’est loin.
Très loin parfois.
Et pourtant, cela vit et vivra en moi,pour toujours.
